Dublin : la rénovation « non-beige » d’une maison victorienne

mai 20, 2026
Rédigé par cassy

Moi, c'est Cassy ! Ancienne citadine, j'ai fait du Croisic mon port d'attache. Je partage mes secrets pour y investir sereinement ou y séjourner.

Quand on pense à une maison victorienne à Dublin, on imagine souvent des murs blancs, un parquet classique et une décoration sage. Mais pour Hanna Botelho Karhunen et Peter Twomey, les fondateurs de Studio Portobello, la sagesse n’était pas vraiment au programme.

Leur propre maison de ville est devenue le terrain de jeu d’une rénovation audacieuse, prouvant que l’on peut honorer le passé tout en célébrant la couleur et l’éclectisme. Oubliez le beige, nous entrons ici un univers où chaque pièce raconte une histoire vibrante.

Au départ, le couple avait des plans ambitieux, presque radicaux. « Nous avions initialement envisagé d’abattre tout le rez-de-jardin pour y créer une cuisine et un coin repas tout en bois et poutres apparentes », confie Peter.

Pourtant, après avoir vécu quelques mois entre ces murs, une nouvelle vision s’est imposée. Ils ont réalisé que la maison n’avait pas besoin d’une transformation structurelle, mais plutôt d’une conversation créative avec son histoire. Une approche plus douce, plus intelligente et, avouons-le, plus économique.

Un dialogue entre l’histoire et la modernité

Ce qui a séduit Hanna et Peter, c’est avant tout l’architecture singulière de cette maison du XIXe siècle. La bâtisse, bien que marquée par des années de location et une décoration blanche et impersonnelle, avait conservé son âme. C’était la toile de fond parfaite pour exprimer leur créativité.

L’art de préserver l’âme du lieu

Le véritable trésor de cette maison résidait ses détails d’origine. Volets intérieurs, planchers anciens, portes à panneaux… L’ossature victorienne avait survécu. Plutôt que de tout effacer pour repartir de zéro, le couple a choisi de magnifier cet héritage.

« C’était un projet avec un potentiel énorme qui ne nécessitait pas de gros travaux structurels », explique Hanna. Cette décision a été le point de départ d’une rénovation respectueuse, où chaque nouvelle touche de modernité vient sublimer le charme de l’ancien. L’arche de l’entrée, par exemple, a été peinte d’un bleu profond, la transformant en une véritable œuvre d’art qui accueille les visiteurs avec caractère.

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Une configuration atypique, un avantage certain

La maison se déploie sur deux niveaux avec une disposition peu commune : les pièces de vie et la cuisine se trouvent au rez-de-chaussée, tandis que les chambres, le bureau et les salles de bain occupent le rez-de-jardin. Loin d’être une contrainte, cette organisation a été perçue comme une opportunité. Elle a permis de créer une séparation naturelle entre les espaces de convivialité, baignés de lumière, et les cocons plus intimes situés à l’étage inférieur.

Le « non-beige » : un manifeste de couleurs et de textures

Le style de Studio Portobello est le fruit d’un fascinant métissage culturel. Cette maison en est la plus belle illustration, une démonstration éclatante de ce que Hanna appelle « l’effet non-beige« .

La rencontre des influences : du Nord au Sud

Leurs parcours respectifs ont nourri leur vision unique du design. Hanna, diplômée de la prestigieuse Inchbald School of Design, est à la fois finlandaise et portugaise. Elle mêle avec brio « le calme nordique« , fait de matériaux naturels et de formes organiques, à la chaleur et la couleur de la Méditerranée« .

Peter, juriste de formation passé par la tech avant de se consacrer au design, a développé un goût pour « le brutalisme » et le « design du milieu du siècle » au fil de ses voyages. Ce mariage des contraires donne naissance à un intérieur éclectique, où des papiers peints décoratifs et des couleurs vives côtoient des rideaux unis, de l’art moderne et du mobilier du XXe siècle.

Une cuisine ouverte sur la nature

Pour Hanna, qui a grandi au cœur des paysages finlandais, la connexion à la nature est essentielle. La cuisine a donc été entièrement repensée pour « faire entrer le jardin à l’intérieur« . Fini l’îlot central imposant et les placards en hauteur qui alourdissent l’espace.

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Place à des meubles bas signés deVOL, surmontés d’un plan de travail en marbre bleu doux, l’Azul Cielo. Au-dessus, une simple étagère accueille de l’art et des céramiques. L’ensemble est à la fois fonctionnel et poétique, tourné vers les vues verdoyantes dont on profite depuis la table à pieds tournés et les chaises en bois courbé.

Le salon, un cocon culturel sans écran

Juste à côté, le double salon abrite la salle à manger et le séjour. Des bibliothèques sur mesure enveloppent les deux espaces, créant une atmosphère chaleureuse et intellectuelle. Ici, pas de télévision.

Le couple a opté pour un projecteur pour ses soirées cinéma. « Cela vous oblige à réfléchir davantage à ce que vous voulez vraiment regarder », remarque Peter. L’art occupe une place centrale, à l’image de cette toile abstraite de l’artiste Ramon Enrich qui domine un mur.

Au sol, le parquet autrefois orangé a été peint en blanc, un détail d’inspiration finlandaise qui réfléchit magnifiquement la lumière, même les jours les plus sombres.

Des espaces intimes qui racontent une histoire

Le rez-de-jardin n’est pas en reste, avec des aménagements tout aussi personnels et ingénieux. Chaque pièce a été pensée comme un chapitre unique de l’histoire de la famille.

L’ingéniosité des aménagements au sous-sol

  • Une ancienne salle de bain a été transformée en un bureau fonctionnel et élégant.
  • La chambre principale se pare d’un papier peint joyeux et d’une frise décorative qui remplace une corniche disparue.
  • C’est la fille de Peter, décrite par son père comme « notre cliente la plus exigeante« , qui a choisi elle-même le lilas des boiseries de sa chambre, où un lit traîneau est niché une alcôve.
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Une salle de bain inspirée par Gaudí

L’une des transformations les plus spectaculaires est sans doute celle de l’ancienne chambre sombre, devenue une salle de bain atmosphérique. L’inspiration ? L’atrium de la Casa Batlló de Gaudí à Barcelone. « Nous aimons cette sensation sous-marine, où la lumière vacille sur les surfaces », explique Hanna.

Des carreaux artisanaux lustrés recréent ce mouvement aquatique, tandis qu’une baignoire d’inspiration Art déco, si lourde qu’il a fallu quatre personnes pour la mettre en place, trône au centre de la pièce.

Le charme des matériaux qui ont une âme

Le couple aime ajouter des strates d’histoire à leur intérieur. Dans la chambre principale, le parquet en chêne posé en motif géométrique provient d’un ancien grand magasin de Dublin.

« Nous nous sommes amusés à concevoir le calepinage, c’était comme déchiffrer un puzzle », se souvient Peter. C’est ce genre de détail qui donne une profondeur et une âme uniques à un lieu.

Au final, la maison de Hanna et Peter est bien plus qu’une simple démonstration de style. C’est un lieu vivant, qui respire la joie et la personnalité de ses habitants.

Un projet qui nous enseigne une leçon précieuse : la plus belle des rénovations est peut-être celle qui sait écouter ce que les murs ont à dire, avant de leur donner une nouvelle voix. Et vous, seriez-vous prêt à bannir le beige de votre intérieur ?

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